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La forme n'est pas une fin ; elle porte, soutient, révèle le fond - s'il existe. Sans fond, la forme est informe, car la seconde offre l'occasion de la première. Trop longtemps, le formalisme a produit des effets néfastes : la forme pour elle-même, le culte de la forme... Dans l'esprit structuraliste des années soixante-dix, le contenant a souvent primé le contenu. Le signifiant marquait une longueur d'avance sur le signifié - qui, parfois, pouvait même ne pas exister... La valeur reconquise du sens suppose les deux instances réunifiées : une configuration, un configuré.
Le formalisme conceptuel et structurel compte pour beaucoup dans la responsabilité de ce désamour du public pour l'art contemporain. La religion de la pure combinatoire a généré des dévots, un clergé, une caste, une secte, au détriment du plus grand nombre prenant acte des logiques de chapelle où s'organise le culte de la seule forme qui avalise la célébration de la vacuité, du vide de contenu. Le nihilisme jouit dans cette vénération de la carcasse.
La remise au service de la forme au service d'un fond engage l'art sur une voie inverse à l'esthétisme. L'art mondain, autrement dit l'usage de classe de l'esthétique, recourt volontiers à cette envie de surface, au détriment de la profondeur. La décoration trouve là sa justification. Quand l'oeuvre rayonne par sa seule allure, son apparence, elle peut s'intégrer dans le paysage en élément de parure et d'ornementation. La bourgeoisie manie à la perfection ces codes qui nécessitent la dépolitisation.
La valeur d'une oeuvre se mesure à la somme des échanges intellectuels - éthiques, politiques, philosophiques, métaphysiques, esthétiques bien sûr... - générés.
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